L'EXORCISME


Dans son livre Le combat avancé de l'Église, Mgr Tournyol du Clos, Archimandrite de l'Église grecque melkite-catholique, établit une distinction fort éclairante entre « exorcisme solennel » et « exorcisme privé » :

 

L'exorcisme solennel, public et officiel, appartient à l'exorciste nommé par l'évêque dans son diocèse. [...] Par leur fonction, leur formation et la grâce du sacerdoce ministériel, tous les prêtres peuvent prononcer des exorcismes privés, soit en présence de personnes tourmentées à des degrés divers, soit à distance. Les fidèles qui veulent participer au combat avancé de l'Église – qu'ils prient pour les prêtres qui mènent ce combat ou pour ceux qui en sont victimes – sont encouragés à dire ces mêmes prières (tirées ou non du Rituel). Mais pour des raisons de discrétion et de prudence, ils sont, sauf exception, invités à prononcer les exorcismes à distance seulement1 ; Depuis des décennies, on a mensongèrement voulu nous faire croire que ce combat était l'apanage des clercs ; puis on les a désarmés en leur interdisant la pratique de l'exorcisme privé. On constate tous les jours les effets catastrophiques d'une démobilisation criminelle orchestrée de main de maître2 ; Le ''grand exorcisme'' lui-même est utilisable par tout prêtre, du moment qu'il le fait à titre privé3.

 

À propos de l'article du Droit Canon n°11724, Mgr Tournyol du Clos cite (pp. 49-50) l'exorciste bénédictin Dom Pellegrino Ernetti :

 

Avant tout, le texte parle uniquement des « exorcismes sur les obsédés ». Or ce terme est bien précis dans l'activité démoniaque, et il ne faut pas le confondre avec les autres termes qui relèvent de cette même activité infernale. Il faut noter aussi que le Code ne parle d'exorcisme que dans ce seul et unique canon, et en aucun autre endroit. En outre, ce canon ne parle que des obsédés. Ce qui revient à dire que le prêtre n'a de permission à demander que dans ce cas précis. Enfin le Droit Canon ne stipule nulle part la fonction d'exorciste. L'obligation à l'évêque de nommer un exorciste, comme s'il s'agissait d'un officier de Curie, n'y apparaît nulle part. L'évêque doit seulement donner la permission au prêtre qui la lui demande (et dont il peut éprouver les qualités de piété, de prudence et de vertu) d'exorciser un obsédé. C'est tout. L'exorcisme n'est qu'une bénédiction ou un sacramental à réciter sur une pauvre créature malmenée5.


1 Éditions de l'Archistratège, 2004, p. 52.

2 Ibid., p. 46.

3 Ibid., p. 47.

4 1) Personne ne peut légitimement prononcer des exorcismes sur les possédés (obsessos), à moins d'avoir obtenu de l'Ordinaire du lieu une permission particulière et expresse. 2) Cette permission ne sera accordée par l'Ordinaire du lieu qu'à un prêtre pieux, éclairé, prudent et de vie intègre. »

5 La catechesi di Satana. Dall'esperienza pluridecennale di un exorcista, éd. Segno, 1992.