Créer un site internet

Cher Enzo,

Tout d'abord, sois bien assuré que je voulais avertir Lénaïc non à ton sujet particulièrement, mais de manière générale.

En lui remettant mes notes, je lui disais implicitement : "Sois prudente si tu entreprends une relation amoureuse. L'expérience des autres te montre que vivre en couple est un art délicat. Il faut du temps pour se connaître soi-même et connaître l'autre. La communion est fragile et, en quelque sorte, toujours à chercher, parce que nous sommes des êtres VIVANTS, donc qui évoluent – en bien ou mal – physiquement, psychologiquement et spirituellement".

À toi aussi, je le dis, Enzo : "Sois prudent". Cette expérience pénible t'a fragilisé. Il peut être tentant pour toi de te jeter sur la première fille venue, comme pour te venger.

Il est si facile de tomber amoureux, si difficile de demeurer dans l'amour... Chi va piano, va sano !

Je trouvais que vous alliez trop vite en passant des vacances ensemble en Provence avec les parents de Lénaïc.

Il eut été bon, me semble-t-il, de mettre une certaine distance entre vous à la fin de l'année scolaire.

Les temps de séparation voulus dans une relation naissante ne sont pas moins féconds à long terme : Chi va sano, va lontano ! Ils peuvent permettre de mieux gérer les passions et, par conséquent, de se garder libre pour choisir ou non l'autre en vérité. « Le don de soi est un achèvement », écrivait Rilke.

En général, les femmes sont plus lentes que nous à aimer, plus réfléchies aussi. Je lisais récemment "Zita, impératrice courage", et j'ai noté cette petite phrase – typique d'une femme – de Zita parlant de sa rencontre avec son futur époux : "Mes sentiments évoluèrent progressivement. Il sembla se décider beaucoup plus rapidement".

Pourtant, comme me l'écrivait une amie il y a quelques jours : "Souvent femme varie, bien fol qui s'y fit. Il me coûte de le dire, mais c'est mon cas".

Je l'ai rassurée, d'une certaine manière, en lui disant que c'est vrai de la plupart des femmes. Pour les hommes, cela peut être épuisant ! Je n'oublie pas cependant qu'ils ont leurs propres limites.

Voilà pour aujourd'hui, mon cher Enzo.

Ton ami,

                                            Pierre-Emmanuel