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Mon cher Enzo,

Il est tard et j'ai eu une journée éreintante, mais je ne veux pas te laisser sans quelques lignes pour t'aider à porter ton fardeau et chercher à soulager ta peine.

Ce soir, je réponds à la question que tu m'as posée hier : « Tu sentais déjà, dans tes inquiétudes, que ma relation avec Lénaïc ne pouvait continuer ? »

Non, je ne le sentais pas.

Mes inquiétudes étaient celles que j'éprouve toujours quand je vois de jeunes personnes commencer à vivre une relation amoureuse.

Dans votre cas, comme dans la plupart des autres, je trouvais que les choses allaient trop vite.

Bien sûr, le manque d'expérience n'est pas étranger à ce genre de comportement.

À l'école, on apprend un tas de choses. Beaucoup d'entre elles ne nous servent jamais dans la vie. L'Éducation nationale oublie l'essentiel : l'Amour.

À ma connaissance, il n'existe pas de cours où l'on enseigne à aimer, et à aimer en vérité. L'Amour ne peut se résumer à une leçon d'éducation sexuelle. C'est prendre les choses par la fin, quand il faudrait partir de l'éducation du cœur.

J'avais remis quelques notes à Lénaïc abordant ce thème et celui du couple dans ses divers aspects. Je voulais tout à la fois l'informer et l'avertir. Elle m'avait dit te les avoir données à lire. Est-ce exact ?

Tu sais, il y a un temps que l'on néglige souvent dans la relation amoureuse : celui des fiançailles. Le terme peut paraître ringard ; néanmoins, la réalité qu'il recouvre sera toujours d'actualité.

C'est un temps de discernement, où l'on décide si l'on veut ou non vivre pour toujours avec l'autre.

La décision ici peut être unilatérale, mais pas brutale, à moins de circonstances particulières comme des actes de violence.

J'espère que ces lignes, qui ont légèrement excédé le but que je m'étais fixé, t'éclaireront et t'apporteront consolation.

À bientôt, mon cher Enzo.

Je t'embrasse.

                                            Pierre-Emmanuel